Décès de la romancière Edmonde Charles-Roux


 

DISPARITION – Celle qui présida l’Académie Goncourt après en avoir reçu le prix pour Oublier Palerme s’est éteinte hier soir à l’âge de 95 ans.

Elle ne voulait pas écrire ses mémoires, ni raconter sa vie. Parce que parler d’elle, c’était d’abord parler de sa famille. C’était l’assumer, en épouser le renom et les causes. Car avant d’être «Edmonde», la présidente du prix Goncourt fut mademoiselle Charles-Roux, fille d’une lignée de Marseillais illustres: des huiles, si l’on ose écrire. Jules-Charles Roux, descendant du premier savonnier de la ville avait été député de Marseille et président de la Compagnie du Canal de Suez. Il fut autorisé en 1909 à porter le nom de Charles-Roux. Son fils François Charles-Roux (1879-1961) fut ambassadeur de France à Prague et au Vatican, et grand ami de Pie XII. Il était le père d’Edmonde. Sa mère s’habillait chez Madeleine Vionnet et Schiaparelli. Elle était belle et froide et laissait ses enfants sous la responsabilité des nurses. La petite fille en souffrira.

La littérature baigna son enfance, comme la Méditerranée. Son grand-père, membre du Félibrige, avait usé de son prestige pour faire obtenir le prix Nobel à Mistral. Ses parents la prénommèrent Edmonde, en hommage à l’illustre voisin Rostand, ami de sa grand mère. Chez les Charles-Roux, diplomatie, politique et belles lettres faisaient bon ménage.

La guerre comme ambulancière

François et Sabine Charles-Roux eurent trois enfants. Née en 1920, Edmonde est la dernière. Les aînés se nomment Jean-Marie et Cyprienne. Le premier se fera prêtre exerçant son ministère à Londres, à Sainte-Etheldreda au cœur de la City. Ce royaliste, portant soutane, sera toute sa vie l’avocat de la cause en béatification de Marie-Antoinette et de madame Elisabeth. Cyprienne épousera le prince Marcello Del Drago, chef de cabinet du comte Ciano, le ministre des Affaires étrangères de Mussolini. C’est donc peu dire que Edmonde Charles-Roux vécut – sinon contre (elle voyait très fréquemment les siens) – du moins en rupture avec son milieu familial. Mais à sa manière, Edmonde, c’était aussi le clan des Charles-Roux.

En mai 1940, son père est nommé secrétaire général du Quai d’Orsay par Paul Reynaud. Il passe quelques mois à Vichy, soupçonné de gaullisme, s’attirant les railleries de Drieu dans son Journal. Il démissionnera au lendemain de Montoire préférant «se retirer sous sa tente». En l’occurrence pour occuper le fauteuil paternel à la (très gaulliste) Compagnie du canal de Suez.

Edmonde Charles-Roux reçue à l'Élysée en février 2014.
 

Quelque temps plus tôt, Edmonde a quitté sa famille installée à Rome pour gagner Marseille. Elle commence des études d’infirmière et, plutôt que la bonne société de Marseille, fréquente les artistes réfugiés dans le Sud. Chez la comtesse Pastré, qui sera la fondatrice du festival d’Aix, elle croise le décorateur Christian Bérard, Louis Jouvet, Pablo Casals, le danseur Serge Lifar. Un monde se révèle à elle. Ni celui de la bourgeoisie marseillaise, ni celui de la diplomatie. Un milieu qui ne doit rien à ses parents. Le sien en propre. Elle fait la guerre comme ambulancière, soignant des légionnaires italiens et tchèques, dont elle connaît la langue, elle qui a grandi à Prague et fait ses études au lycée Chateaubriand de Rome. Elle est elle-même blessée, décorée de la Croix de Guerre et citée à l’ordre du Corps d’armée. Elle fait la Une de Paris Soir et, racontera-t-elle plus tard à Match, s’attire de son grand-père cette remarque: «C’est bien, mais gagner la guerre c’est mieux». Elle passera l’Occupation à Marseille affectée dans la clinique clandestine de la Résistance. La fille de l’ambassadeur Charles-Roux sert dans les rangs des FTP.

«Tu vis comme un homme»

Au lendemain du débarquement français en Provence, le général de Lattre de Tassigny l’appelle à ses côtés et l’affecte à son État-major. Elle fait la campagne de France, est blessée une deuxième fois en Autriche, à nouveau décoré. Dans sa trousse d’infirmière, un livre: Guerre et paix qu’elle lit et relit. Rendue à la vie civile, elle n’envisage pas de rentrer dans le rang. «Tu vis comme un homme», lui reproche son père. Elle vit surtout comme elle l’entend.

Elle a son bac, aime les études, la lecture et l’écriture. Elle devient courriériste à France-Soir, le journal de Pierre Lazareff puis à Elle. À la faveur d’un article sur le retour de Toscanini en Italie, elle qui connaît Rome comme sa poche, parvient à lui être présentée dans sa loge. Elle gagne ses galons de journaliste, se hisse au niveau des grandes «baronnes» de la presse: Hélène Lazareff et Françoise Giroud. Pour devenir une vraie parisienne, elle prend conseil auprès de Coco Chanel. Bientôt ce sera Vogue où elle rentrera grâce à «Bébé», Christian Bérard, et dirigera ce magazine pendant seize ans. Elle l’ouvre à la culture, ayant ses entrées partout. Pour une interview d’Orson Welles, elle se fait aider par Jeff Kessel et Philippe Soupault avant de se lier intimement à Citizen Kane qu’elle accompagnera en tournée, s’installant même à Londres quand il remplace Laurence Oliver dansShakespeare. Elle publie des inédits de Colette, Saint-John-Perse et Louise de Vilmorin. Grâce à Eluard, elle rencontre le peintre André Derain et accepte de poser pour lui. Au peintre compromis par un voyage en Allemagne, elle confie les décors du festival d’Aix. Pour un peu, elle le remettrait à la mode. Par son intermédiaire, elle fréquente Balthus et Giacometti, se lie d’amitié avec Saint-Laurent, voit et protège le poète maudit Jean Genet.

Un personnage du Tout-Paris

Edmonde Charles-Roux reçue au ministère de la Culture en 2011.
 

Elle ne publie pas encore de livre, sinon un Guide de savoir-vivre, recueil d’articles sur les usages en société parus dans Elle. Mais elle écrit, pour elle, à ses moments perdus. Et pour Maurice Druon, dans cet atelier d’où sortiront les Rois Maudits et autre Alexandre le Grand. Avec Druon, ils forment alors un couple à la mode, à la ville et à la scène littéraire. Mathieu Galey note dans son journal: «Il est superbe, solaire, elle est sobre, frémissante, séductrice: un couple de roman».

Celle qu’il décrit comme «un peu institutrice», lunettes, chignon sévère, sait aussi être une élégante. Bien des hommes en sont fous. «Une Médicis», écrit encore Galey. Le titre n’est pas usurpé: raffinement, goût éclairé, fortune et cruauté. Certains ricanent, l’appellent Mousseline à cause de ses tenues à jabot, col bouillonné ou fraises noires. Si l’on murmure que peut-être Chazot a pensé à elle en créant le personnage de Marie-Chantal, ce qui est sûr c’est que dans son dictionnaire du snobisme, Philippe Jullian la dépeint sous les traits de «Charlotte Edmond-Gris».

Elle est incontestablement à cette époque un personnage du Tout-Paris. Quoique. En mai 1966, elle est renvoyée de Vogue. Elle dira: «Parce que j’avais osé mettre en couverture un mannequin noir». En réalité, pour ses relations «communistes» qui inquiètent l’éditeur américain du magazine, Condé-Nast: Edmonde, ou dernière victime du maccarthysme.

Le triomphe de Oublier Palerme

À 46 ans, elle est libre, un peu désœuvrée même. Elle sort de son tiroir le manuscrit d’un roman en cours, l’achève et le montre à son ami François Nourissier qui le passe à Bernard Privat. Il a pour titre Oublier Palerme. Si Edmonde est novice en littérature, elle n’est pas une inconnue. Dans le jury Goncourt par exemple, elle connaît Armand Salacrou à qui la lie l’amour de la montagne (elle a fait partie de l’équipe seconde de ski), ou Gérard Bauer avec qui elle a frayé chez la comtesse Pastré. Elle obtient le prix en 1966. Pour Jean-Claude Fasquelle et Yves Berger, elle incarne l’année du petit chelem: cette année-là, sous la couverture jaune, Kléber Haedens raflera l’Interallié, Nourissier le Grand prix du roman, Marie-Claire Blais le Médicis. Elle devient écrivain: Elle, Adrienne paraît en 1971. Paul Morand lui donne de la documentation pour sa biographie de Chanel qui paraîtra en 1974.

Elle reçoit dans son hôtel de la rue des Saints-Pères. On y croise Visconti, le général Oufkir. Elle voit beaucoup Nourissier et ses amis, Maurice Rheims, François Régis Bastide. Louis Aragon raffole d’elle. Il lit ses livres, en fait l’éloge dans les Lettres françaises, la promène à la fête de l’Huma. Elle a le cœur à gauche et la tête dans tous les étoiles. Morand s’écrie: «Quand on pense qu’elle est la sœur de Cyprienne Del Drago!».

En 1983, elle est élue membre de l’Académie Goncourt, puis en 2002 présidente, jusqu’en 2014, où elle cède son poste à Bernard Pivot. Jusqu’au bout, elle se pique au jeu, lisant beaucoup, bataillant pour ceux qu’elle aime. Andréï Makine, notamment, lui doit son Goncourt 1996.

«Le premier prix Goncourt marseillais»

Edmonde Charles-Roux a été la première à raconter la vie mouvementée de Coco Chanel.
 

L’année de sa consécration, cette célibataire militante rencontre celui qui sera l’homme de sa vie, Gaston Deferre. La chronique raconte que le légendaire maire de Marseille voulait décorer de la médaille de la ville «le premier prix Goncourt marseillais». Elle confiera que Gaston la connaissait depuis les années de Résistance mais qu’il n’avait pas osé aborder la fille d’un diplomate classé «vichyste». Ils se voient d’abord clandestinement, à Bandol ou en Normandie. Parfois, François Mitterrand leur sert de chaperon. En 1973, elle devient madame Deferre, épouse d’un personnage romanesque et sulfureux: le dernier homme politique à s’être battu en duel. Après la mode et la littérature, la politique. À sa manière, Edmonde poursuit la grande tradition Charles-Roux. En 1974, Deferre était programmé pour devenir le premier ministre de Mitterrand. En 1981, il devient ministre de l’Intérieur. Elle est un personnage influent de la vie politique (elle règne sur la presse locale, soutient Bernard Tapie). Elle fait jaser en incarnant le mariage – pas si familier à l’époque – de l’argent et de la gauche: elle assure, pour faire un mot, qu’on peut aimer l’argent et ceux qui en manquent. Elle déconcerte aussi, barrant à Marseille ceux qui ont manqué à Defferre et présidant en 2002 le comité de soutien de Jean-Pierre Chevènement à la présidentielle. Elle préside jusqu’en 2011 la Société des amis du journal l’Humanité.

Personnalité de la République des lettres, unanimement respectée, elle était particulièrement fière d’une distinction à part: elle avait été faite caporal d’honneur de la Légion étrangère et ne manquait jamais la cérémonie annuelle de Camerone, chaque 30 avril à Aubagne.

Pas étonnant: elle était à l’image de cette institution: pleine de charme, mystérieuse et follement romanesque.

Source : Le Figaro : Décès de la romancière Edmonde Charles-Roux

Ettore Scola, Italian film director and screenwriter, dies at 84

Grazie maestro… Riposare in pace, Paix à son âme, Rest in Peace, RIP #EttoreScola #UnaGiornataParticolare #UneJournéeParticulière #abbiamoCosìAmato #NousNousSommesTantAimés #RIP

Ettore Scola, Italian film director and screenwriter, dies at 84


Ettore Scola has died at 84. His work includes A Special Day, a 1977 film featuring Marcello Mastroianni and Sophia Loren. Photograph: Antonio Calanni/AP

The film director Ettore Scola, a leading figure in Italian cinema for more than three decades, has died at the age of 84.

Scola’s work included A Special Day, a 1977 Golden Globe-winning and Oscar-nominated movie featuring Marcello Mastroianni as a persecuted radio journalist and Sophia Loren as a sentimental housewife, meeting against a backdrop of rising fascism in 1930s Italy.

He also wrote and directed We All Loved Each Other So Much, a 1974 comedy-drama about the postwar lives of three partisans fighting for the liberation of Italy. The film won the Golden prize at the ninth Moscow international film festival in 1975. The following year he won best director at the Cannes film festival for The Good, Bad and Ugly.

Related: The film that changed my life: Daniel Auteuil

Scola died on Tuesday in Rome’s polyclinic, where he had been in a coma since Sunday after being admitted to the hospital’s cardiac surgery unit, press reports said.

The Italian prime minister, Matteo Renzi, paid tribute to Scola, saying he was a “master” of the screen “with an ability that was as incredible as it was razor-sharp in reading Italy, its society and the changes it went through”.

On Twitter, Renzi wrote that his death “leaves a huge void in Italian culture”.

Dario Franceschini, the Italian minister of culture and tourism, tweeted: “A great teacher, an amazing man, young until the last day of his life.”

The French film and television actor Frédérique Bel shared an image of Loren and Mastroianni in A Special Day.

After entering the movie industry as a screenwriter in 1953, Scola got his first chance as director in 1964 with Let’s Talk About Women, an innovative work of nine vignettes in which Vittorio Gassman plays different characters who seduce women.

He directed 41 films over nearly 40 years, according to the Internet Movie Database.

Paolo Mereghetti, the Corriere della Sera’s cinema critic, said Scola had been a distinctive “political” voice in Italy’s postwar cinema.

A former member of the Italian Communist party, Scola even became minister of culture in a “shadow” cabinet set up by party leaders in 1989.

“He understood where Italy was going, and few cinema directors have that insight,” Mereghetti told the television channel Sky TG24.

Source: Ettore Scola, Italian film director and screenwriter, dies at 84

Italian film director Ettore Scola dies at 84


ROME: Film director Ettore Scola, a leading figure in Italian cinema for more than three decades, died on Tuesday at the age of 84, local media reported.Scola’s work included « A Special Day, » a 1977 Oscar-nominated movie featuring Marcello Mastroianni as a persecuted radio journalist and Sophia Loren as a sentimental housewife, meeting against a backdrop of rising fascism in 1930s Italy.

Italian film director Ettore Scola dies at 84

Ettore Scola with Margaretha von Trotta on April 29, 1987 (Image: AP)

He also wrote and directed « We All Loved Each Other So Much, » a 1974 comedy-drama about the post-war lives of three partisans fighting for the liberation of Italy.

Scola died in Rome’s polyclinic, where he had been in a coma since Sunday after being admitted to the hospital’s cardiac surgery unit, press reports said.

Italian Prime Minister Matteo Renzi paid tribute to Scola, saying he was a « master » of the screen, « with an ability that was as incredible as it was razor-sharp in reading Italy, its society and the changes it went through. »Italian film director Ettore Scola dies at 84

Ettore Scola at the 35th Cannes film festival (Image: AP)

After entering the movie industry as a screenwriter in 1953, Scola got his first chance as director in 1964 with « Let’s Talk About Women » — an innovative work of nine vignettes in which Vittorio Gassman plays different characters who seduce women.

He directed 41 films over nearly 40 years, according to the Internet movie database, IMDb.

Paolo Mereghetti, the Corriera della Sera daily’s cinema critic, said Scola was a distinctive « political » voice in Italy’s postwar cinema.

A former member of the Italian Communist Party, Scola even became minister of culture in a « shadow » cabinet set up by party leaders in 1989.Scola even became minister of culture in a « shadow » cabinet set up by party leaders in 1989.

« He understood where Italy was going, and few cinema directors have that insight, » Mereghetti told the television channel Sky.

Source: Italian film director Ettore Scola dies at 84

Ettore Scola, Italian Film Director, Dies at 84


Ettore Scola

Ettore Scola, Italian Film Director, Dies at 84

Italian Director Ettore Scola died today in Rome at the age of 84.

He had been in a coma since Sunday after being admitted to the cardiac surgery unit of a hospital in Rome, according to the reports.

Mr Scola’s work included A Special Day, a 1977 Oscar-nominated movie featuring Marcello Mastroianni as a persecuted radio journalist and Sophia Loren as a sentimental housewife, meeting against the backdrop of rising fascism in Italy of the 1930s.

« We All Loved Each Other So Much (C’eravamo tanto amati), was a wide fresco of post-World War II Italian life and politics, and dedicated to fellow director Vittorio De Sica ».

Italian premier Matteo Renzi said Scola had an incomparable way of reading Italian society and that his death « leaves an enormous hole in Italian culture ».

Scola directed 41 films and wrote the screenplay for nearly 90 movies. He was named Best Director by the Cannes Film Festival in 1974 and served on the festival’s jury in 1988.

The scene where the two actors move between sheets drying in the sun on the terrace of the apartment block where they are staying is one of the most handsome scenes in Italian cinema, film critic Francesco Castelnuovo said.

L’écrivain Michel Tournier, auteur du « Roi des aulnes » et de « Vendredi ou la vie sauvage », est mort à l’âge de 91 ans

L’écrivain Michel Tournier est mort à l’âge de 91 ans
Le Monde |

Il ne pensait pas grand bien de la vieillesse, se plaignait de s’ennuyer et de ne plus pouvoir voyager à ceux qui venaient lui rendre visite dans sa retraite de la vallée de Chevreuse, le presbytère de Choisel où il s’était installé il y a plus d’un demi-siècle. Venu tardivement à l’écriture – il avait 42 ans lors de la parution de son premier roman –, Michel Tournier avait cessé de publier des fictions au mitan des années 1990. Il laisse derrière lui une œuvre saluée, dès ses prémices, pour son importance, sa capacité à mêler les mythes et l’Histoire, le prosaïque et la transcendance, mais numériquement peu conséquente, au regard de sa longévité – neuf romans pour adultes et enfants, une poignée de recueils de contes et nouvelles, quelques essais ; au printemps 2015, Gallimard avait fait paraître Lettres parlées à son ami allemand Hellmut Waler, 1967-1998. Régulièrement cité pour le prix Nobel de littérature, Michel Tournier est mort le 18 janvier chez lui, à Choisel, entouré de ses proches, a précisé son filleul, Laurent Feliculis, que l’écrivain considérait comme son fils adoptif. Il avait 91 ans.
Né en 1924 dans une famille de germanistes – son père a abandonné l’enseignement de l’allemand pour se lancer dans le commerce –, Michel Tournier se destine à la philosophie, qu’il étudie, au lendemain de la seconde guerre mondiale, à l’Université de Tübingen. Rentré en France après avoir obtenu sa licence, cet admirateur de Kant, dont il se targuera toute sa vie d’être l’un des rares propriétaires de l’œuvre intégrale en allemand, et de Jean-Paul Sartre, son « père spirituel », renonce à ses projets après avoir échoué à l’agrégation à deux reprises. Il répétera souvent qu’il n’aurait pas écrit s’il avait été reçu à cet examen.

« Vendredi ou la vie sauvage » et « Le Roi des aulnes »
Ami de Gilles Deleuze, Roger Nimier ou Pierre Boulez, il commence à travailler pour la Radio-diffusion télévision française, puis Europe 1, avant d’entrer comme lecteur et traducteur de l’allemand (notamment d’Erich Maria Remarque) chez Plon. Au début des années 1960, ce passionné de photographie présente l’émission télévisuelle « Chambre noire ». En 1970, il sera à l’origine des Rencontres d’Arles, premier festival mondial consacré à cet art.

Entre temps, il a fait une entrée extrêmement remarquée sur la scène littéraire, en publiant chez Gallimard (qui publiera l’essentiel de son œuvre) Vendredi ou les Limbes du Pacifique (1970), le premier roman de sa production qu’il ait estimé digne d’être présenté à un éditeur. Le succès, public et critique, est immédiat, pour cette relecture rousseauiste du mythe de Robinson, qui obtient le Grand Prix de l’Académie française. En 1971, il réécrit pour les enfants ce premier roman, sous la forme de Vendredi ou la vie sauvage. Etudié dans les classes, vendu par millions d’exemplaires, celui-ci restera la « rente » et le « livre-fétiche », comme il le disait, de celui qui ne conçoit pas d’écrire pour n’être pas lu.

Trois ans après Vendredi paraît Le Roi des aulnes, qui vaut à son auteur le Prix Goncourt, attribué à l’unanimité. Ce roman emprunte son titre à un célèbre poème de Goethe et raconte l’histoire d’Abel Tiffauges, français emprisonné en Allemagne à la suite de la drôle de guerre, qui, après avoir croisé Göring, finira par devenir « l’ogre de la forteresse de Kaltenbom » recrutant de force des enfants destinés à périr dans la défense de cette forteresse lors de l’invasion soviétique. Si ce texte démontre la grande connaissance que possède Tournier de la civilisation germanique, il déploie toute la limpidité de son écriture pour conjuguer réalisme et magie, ou plutôt une forme de surnaturel : son grand modèle littéraire est le Trois contes de Flaubert. Avec ce deuxième roman, l’écrivain indique aussi la place prépondérante que tiendra l’exploration des figures célèbres et des personnages légendaires dans son œuvre. A l’ogre de Kaltenbom répondra ainsi en 1978 celui, « hippie », du Coq de Bruyère. En 1975, Les Météores, le troisième grand roman de Michel Tournier achève de prouver cette fascination pour les mythes : il y explore celui de Castor et Pollux à travers des personnages gémeaux. La place qu’y tiennent les ordures ménagères témoigne, elle, de l’intérêt de Tournier pour ce qu’il désigne comme une « esthétique du merveilleux sordide » – sachant qu’il ne dédaigne pas une pointe de scatologie, si elle se mêle de philosophie, comme c’était le cas dans Vendredi et Le Roi des aulnes.

Lauréat puis membre du jury du prix Goncourt
Ses trois premiers romans resteront, de l’avis général, les grandes œuvres de Michel Tournier. Il est devenu un personnage incontournable de la vie littéraire, même s’il vit, retiré, à Choisel, pour en éviter la plupart des tentations. Depuis 1973, il fait partie du jury du prix Goncourt. Ses livres continuent d’être accueillis comme des événements. Ainsi des nouvelles du Coq de Bruyère (1978) ou de son quatrième roman, Gaspard, Melchior et Balthazar (1980), sur les rois mages, où il montre le visage, nouveau, d’un mystique. Ainsi, encore de Gilles et Jeanne (1983), dans lequel il se penche sur les personnages de la Pucelle et de Gilles de Rai, son maréchal devenu ogre. En 1985, La Goutte d’or lui permet d’évoquer sa passion de la photographie à travers le parcours d’un jeune berbère, qu’un cliché pris par une touriste a dépossédé de son image, et qui part à la recherche de cette femme, ce qui lui fera connaître le racisme en France.

Dans les années 1980 et 1990, Michel Tournier est devenu à ce point central dans la littérature française que François Mitterrand vient, à quatre reprises, lui rendre visite dans son abbaye au cours de ses deux mandats. Installé à Choisel mais peu porté sur le mythe de l’écrivain retiré dans sa tour d’ivoire, il s’exprime beaucoup dans les médias, français et étrangers, ne dédaignant pas faire assaut de propos provocateurs ou choquants. En 1989, ce célibataire enthousiaste déclare au journal Newsweek : « Les avorteurs sont les fils et les petits fils des monstres d’Auschwitz. Je voudrais rétablir la peine de mort pour ces gens là » – il justifie plus tard ces propos, qu’il ne renie pas, par un dégoût « viscéral » pour l’interruption volontaire de grossesse. En 1996, il affirme que la loi Gayssot, qui qualifie de délit la contestation de crime contre l’humanité, transforme « un fait historique en un article de foi dont la négation devient un blasphème » – sa phrase établissant un parallèle entre la Shoah et le dogme de l’Immaculée Conception.

Ses camarades de l’académie Goncourt le défendent toujours, et il est un pilier de la vie littéraire. Ses livres, nouvelles, romans, essais, sont publiés et traduits dans le monde entier, tandis que lui, fier d’être devenu un « auteur scolaire » passe une grande partie de son temps dans les écoles, à expliquer son œuvre et communiquer le plaisir de la lecture aux enfants. Même s’il écrit, lui, de moins en moins.

En 2009, il décide de quitter l’Académie Goncourt, à cause de son âge, de la fatigue et de son manque d’appétit – nécessaire pour les agapes délibératives chez Rouant. Apparaissant éternellement coiffé, ces dernières années, d’un petit bonnet de laine, cet ancien amoureux des voyages (notamment en Afrique subsaharienne et au Canada) se dira jusqu’au bout satisfait de l’existence qu’il a menée. En 2002, l’amateur de « vrai roman » allergique à l’évocation de l’intime, avait fait paraître un Journal Extime, dans lequel il écrivait : « Une idée pour le paradis : après ma mort, je suis placé devant un panorama où toute ma vie est étalée dans les moindres épisodes. Libre à moi de revenir sur celui-ci ou celui-là et de le revivre (…) C’est que je suis dévoré de nostalgie et de regret en me souvenant de scènes de ma vie auxquelles je n’ai pas accordé l’attention qu’elles méritaient. »

Michel Tournier en 7 dates
19 décembre 1924 : naissance à Paris1945-1949 : études de philosophie à l’Univesité de Tübingen, où il rencontre Gilles Deleuze1967 : Vendredi reçoit le Grand prix du Roman de l’Académie1970 : Prix Goncourt pour Le roi des aulnes. Michel Tournier devient membre de l’académie Goncourt deux ans plus tard1975 : Les météores1985 : La Goutte d’or2009 : démission de l’académie Goncourt

Source: L’écrivain Michel Tournier est mort à l’âge de 91 ans

L’écrivain Michel Tournier, auteur du « Roi des aulnes » et de « Vendredi ou la vie sauvage », est mort à l’âge de 91 ans
Par Francetv info avec AFP

L’écrivain de 91 ans s’est éteint à son domicile de Choisel (Yvelines). Michel Tournier, l’un des grands auteurs français de la seconde moitié du 20e siècle, Prix Goncourt pour Le roi des aulnes en 1970, est mort entouré de ses proches, a annoncé son filleul, Laurent Feliculis, que l’écrivain considérait comme son fils adoptif. « Il est décédé à 19 heures ce soir », a-t-il précisé.

Son décès a également été confirmé par le premier adjoint au maire de Choisel, Frédéric Julhes.

Ancien enseignanant devenu romancier reconnu, il écrivait également pour la jeunesse avec des œuvres comme Vendredi ou les limbes du Pacifique (1967), son premier roman, publié à l’âge de 42 ans, ainsi que Vendredi ou la Vie sauvage (1971). Les deux œuvre, inspirées du livre Robinson Crusoé, ont marqué plusieurs générations d’écoliers.

Dans Les Météores (1975), il réinterprétait le mythe de Castor et Pollux. Cinq ans plus tards, il se penchait sur l’histoire des rois mages ,dans Gaspard, Melchior & Balthazar. Lui qui aimait réinterpréter les mythe s’est également attaqué à Barbe-Bleue et à Gilles de Rais dans Gilles et Jeanne (1983).

Il avait également écrit de nombreux contes et nouvelles, ainsi que des essais. Sa dernière publication, Je m’avance masqué, constituée d’entretiens avec le journaliste et romancier Michel Martin-Roland, était parue en 2011.

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Source: L’écrivain Michel Tournier, auteur du « Roi des aulnes » et de « Vendredi ou la vie sauvage », est mort à l’âge de 91 ans

Décès de l’écrivain Michel Tournier, Prix Goncourt en 1970
L’écrivain Michel Tournier, l’un des grands auteurs français de la seconde moitié du XXe siècle, Prix Goncourt pour Le roi des Aulne en 1970, est décédé lundi à l’âge de 91 ans, chez lui à Choisel, ont indiqué ses proches et la mairie de cette commune des Yvelines.

« Il est décédé à 19 heures ce soir », entouré de ses proches, a précisé son filleul, Laurent Feliculis, que l’écrivain considérait comme son fils adoptif.

Son décès a également été confirmé par le premier adjoint au maire de Choisel, Frédéric Julhes. L’écrivain habitait depuis plus d’un demi-siècle dans l’ancien presbytère du village.

Un fonds consacré à Michel Tournier a été créé en 1996 à la bibliothèque universitaire d’Angers. Il rassemble la somme la plus riche de documents, livres, traductions, articles, mémoires, portant sur l’écrivain.

Source: Décès de l’écrivain Michel Tournier, Prix Goncourt en 1970

Décès de David Bowie, pluie d’hommages à une légende du rock

Happy Birthday David Bowie!

La légende du rock britannique David Bowie est décédée dimanche à 69 ans d’un cancer, deux jours après la sortie de son 25e album, une nouvelle qui a surpris et déclenché une pluie d’hommages à travers le monde.

« David Bowie est mort paisiblement (dimanche) entouré de sa famille à l’issue d’un courageux combat de 18 mois contre le cancer », affichaient lundi les comptes Twitter et Facebook de la star britannique.

« Désolé et triste de dire que c’est vrai. Je serai déconnecté pendant un moment. Je vous aime tous », a confirmé son fils Duncan Jones en postant sur Twitter une photo en noir et blanc de lui bébé, juché sur les épaules de son père.

L’annonce a supris le monde entier car la star avait réussi à tenir quasiment secrète sa longue maladie, s’abstenant de paraître en public depuis des mois sans éveiller trop de questions.

Le décès du chanteur « aux mille visages », pour sa propension à muer et adopter de multiples personnalités, est intervenu deux jours après la sortie de son 25e album « Blackstar », le jour de son 69e anniversaire.

Véritable artiste caméléon, qui a vendu 140 millions d’albums selon les estimations, il montrait dans cet album qu’il était toujours décidé à surprendre, en se laissant aller à de séduisantes expérimentations jazz.

Ce n’était pas un album d’adieu mais « un album tourné vers le futur, de quelqu’un qui redevient maître de son destin, à la fois expérimental et pop, loin du repos du guerrier, un album de battant, de casse-cou … le plus audacieux depuis presque trente ans », a déclaré à l’AFP Jean-Daniel Beauvallet, rédacteur en chef au magazine Les Inrockuptibles, basé à Brighton.

Les hommages à sa carrière pleuvaient lundi sur les réseaux sociaux, provenant aussi bien de ses fans, du monde de la musique que de personnalités politiques, générant ainsi plus de 3 millions de tweets en quelques heures.

« Au revoir David Bowie. Tu es maintenant parmi les #Heroes. Merci d’avoir aidé à faire tomber le Mur » de Berlin, a tweeté le ministère allemand des Affaires étrangères, en référence à son titre Heroes, chanson phare de la Guerre Froide.

Cette chanson avait été écrite alors que Bowie vivait à Berlin à la fin des années 1970 pour fuir sa gloire et sa dépendance aux drogues.

« L’amitié de David était la lumière de ma vie. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi brillant. Il était le meilleur », a tweeté Iggy Pop, 68 ans, qui a collaboré avec lui pendant sa période berlinoise et notamment sur la chanson China Girl.

– ‘Génie absolu’ –

« David Bowie était l’une de mes principales sources d’inspiration, tellement courageux, tellement créatif, il nous a donné de la magie pour toute une vie », s’est exclamé le rappeur vedette Kanye West, tandis que la chanteuse Madonna se disait « effondrée ».

Le styliste britannique Paul Smith, 69 ans, a rendu hommage à son ami en présentant lundi sa collection masculine automne-hiver 2016 à Londres. Les deux hommes avaient travaillé ensemble récemment sur un tee-shirt portant l’étoile noire du dernier album du musicien.

« De nos jours, plein de gens sont considérés comme des célébrités alors que leur célébrité ne remonte qu’à un ou deux ans. Mais lui, il était une star depuis des décennies, son talent était évident, très impressionnant », a-t-il dit.

Né David Robert Jones le 8 janvier 1947 dans une famille modeste de Brixton, quartier populaire du sud de Londres, David Bowie avait quitté l’école dès l’adolescence et accédé à la notoriété en 1969 avec « Space Oddity », une balade devenue mythique sur l’histoire de Major Tom, un astronaute qui se perd dans l’espace.

Il avait ensuite multiplié les albums, les changements musicaux et de personnages, s’amusant à se transformer en s’appuyant sur sa formation de mime et son goût pour le costume, la mode ou encore le théâtre kabuki. Bowie avait également fait plusieurs incursions dans le cinéma.

Il avait enchaîné disques et tournées jusqu’au début des années 2000 mais un accident cardiaque en juin 2004 sur la scène d’un festival allemand avait mis fin à cette période très productive.

Contraint à un long repos, il s’était fait rare les années suivantes mais avait récemment multiplié les projets: générique de série, comédie musicale, quelques apparitions comme sur le dernier album de The Arcade Fire, semblant redevenir celui qui dictait la mode dans les années 1970.

Après « The Next Day » sorti en 2013, son 25e et dernier album est placé sous le signe d’une mystérieuse étoile noire. Fait exceptionnel, le visage de l’artiste n’apparaît à aucun moment, ni pendant la promotion de l’album, ni sur sa pochette.

« C’est quelqu’un qui a inventé ou réinventé 15, 20 mouvements musicaux, la musique se nourrit depuis 40 ans de ce qu’il a donné en pâture, a souligné Jean-Daniel Beauvallet. On parle de génie absolu pour sa qualité de passeur mais aussi de mélodiste et chanteur, il n’a jamais stagné ».

Source: Décès de David Bowie, pluie d’hommages à une légende du rock

Michel Galabru, mort d’une légende du cinéma français à 93 ans

Mince coup sur coup on perd Michel Delpech et maintenant Michel Galabru 😦 Un très grand acteur que j’ai adoré. Reposez en paix Monsieur Galabru.

 

Le comédien Michel Galabru est mort


L’acteur, né le 27 octobre 1922 à Safi au Maroc, est décédé à 05 h 30.

Hospitalisé en novembre dernierTrès fatigué, Michel Galabru avait été hospitalisé en urgence en novembre dernier après avoir annulé plusieurs de ses représentations du Cancre, one-man-show autobiographique, et de Jofroi, fable provençale.

Selon le théâtre qui l’avait programmé, l’état de fatigue de l’acteur était dû au décès de sa femme, Claude, en août 2015, et de son frère Marc, en octobre 2014.

César du meilleur acteurIl était l’un des acteurs français de théâtre et de cinéma les plus populaires. Il avait mis sa faconde au service de nombreuses œuvres de répertoire et de boulevard, ou de films comme « Le juge et l’assassin » de Bertrand Tavernier, qui lui avait valu un César du meilleur acteur.

Il a joué également dans des films populaires comme la série Le gendarme de Saint-Tropez où il interprétait l’adjudant Gerber, dans La Cage aux Folles, dans Papy fait de la résistance, dans les Sous-doués, dans Asterix et Obélix contre César, ou encore dans Bienvenue chez les Chtis.

Le gendarme de Saint-TropezLe gendarme de Saint-Tropez | DR

Dans le Gendarme à New York, l’adjudant Gerber montre à ses hommes comment cuisiner parfaitement une bonne entrecôte !

Source: Le comédien Michel Galabru est mort

Michel Galabru s’est éteint à l’âge de 93 ans


C’était un monument de la comédie. L’acteur Michel Galabru est décédé ce lundi, à l’âge de 93 ans. Retour sur le parcours de cet artiste au grand cœur.

Triste début d’année. Après Michel Delpech ce week-end, c’est Michel Galabru qui a tiré sa révérence à l’âge de 93 ans. D’après Le Figaro, le comédien s’est éteint dans son sommeil celundi matin. Né en 1922 au Maroc où il passera ses premières années, il se destine d’abord à une carrière de footballeur professionnel. Plutôt mauvais élève à l’école, il s’inspire pourtant du parcours de Sacha Guitry et se met alors à rêver de comédie. Il quitte Montpellier où ses parents avaient déménagé – et dont il gardera à la fois l’accent prononcé et l’amour du club de foot Montpellier HSC – pour préparer le Conservatoire de Paris. Après trois ans de cours, il reçoit le premier prix du Conservatoire d’art dramatique et rejoint la Comédie Française.Michel Galabru débutera au cinéma en 1951 dans Ma femme, ma vache et moi, mais sera réellement révélé au public en 1961 avec La Guerre des boutons d’Yves Robert, puis à partir de 1964 dans la saga du Gendarme de Saint-Tropez, aux côtés de deux grands acteurs comiques de l’époque, Louis de Funès et Jean Lefebvre. Il y incarne l’inoubliable adjudant Jérôme Gerber.

Michel Galabru alternera ensuite entre les rôles dramatiques (Le Juge et l’Assassin, qui lui vaudra le César du Meilleur acteur en 1977) et les comédies (Papy fait de la résistance, La Cage aux folles, Les Sous-doués, Uranus, Le Petit Nicolas, Astérix et Obélix contre César) tournant dans plus de 250 films.En parallèle des plateaux de cinéma, Michel Galabru poursuit en parallèle sa carrière théâtrale pour laquelle il recevra en 2008 un Molière. ​Il était encore au théâtre en 2015 avec Le Cancre. Mais il avait dû annuler plusieurs représentations en fin d’année à cause du grande fatigue.

En 1984, Michel Galabru reprend une vieille salle de spectacle délabrée pour en faire le Théâtre Montmartre Galabru. L’année d’après il rachète le Théâtre de 10 heures et en fera pendant quelques années un lieu de formation pour jeunes acteurs. Toujours très désireux de transmettre son expérience de la scène, Michel Galabru donnera des cours sur les planches dès les années 1980 et jusqu’à la fin de sa vie.En 2011, l’acteur fut décoré de l’insigne de Brigadier d’Honneur ainsi que de la Grande médaille de vermeil de la Ville de Paris pour l’ensemble de sa carrière. En 2013, il reçoit l’ordre national du Mérite. Michel Galabru laisse derrière lui deux enfants, Emmanuelle et Jean, tous deux acteurs.

Suite à l’annonce de cette triste disparition, nombreux lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux, se souvenant avec nostalgie de tout ce qu’il nous avait apporté au fil des ans.

Source: Michel Galabru s’est éteint à l’âge de 93 ans

Michel Galabru, mort d’une légende du cinéma français


Michel Galabru, mort d’une légende du cinéma français – Culture – RFI

Le comédien était encore attendu sur les planches fin janvier pour «Cancre», un texte autobiographique. Il a tourné dans des dizaines de films -comme «Le gendarme de Saint-Tropez»- et pièces de théâtre. Une carrière prolifique.

RFI 

Source: Michel Galabru, mort d’une légende du cinéma français

Michel Delpech nous a quittés à 69 ans d’un cancer

Michel Delpech nous a quittés à 69 ans d’un cancer

Très triste d’apprendre sa disparition même si on savait qu’il était très malade. Maudit cancer ! Paix à son âme. RIP. Ses chansons sont éternelles.

VIDEOS. Michel Delpech, inoubliable chanteur du «Loir-et-Cher», est mort

Le chanteur Michel Delpech est mort ce samedi à 69 ans a annoncé son épouse. «Michel est mort ce soir à 21h30», a déclaré Geneviève Delpech. «Cela faisait trois ans qu’il se battait contre un cancer», a-t-elle ajouté. Il était victime d’un cancer de la langue et de la gorge. Michel Delpech était hospitalisé à l’hôpital de Puteaux (Hauts-de-Seine), a précisé son beau-fils.

Michel Delpech, idole hippie à la française dans les années 70, a connu le succès très vite en 1965 avec «Chez Laurette». Dans ses chansons, il a notamment chroniqué la France des années 70, de la nouvelle conception de la famille à l’exode rural en passant par l’écologie, avec «Les divorcés», «Le Loir-et-Cher», «Le chasseur», «Pour un flirt», «Wight is Wight» ou «Quand j’étais chanteur».

Egalement auteur et compositeur, il avait raconté son combat contre le cancer et ses craintes de ne plus pouvoir chanter dans un livre paru en mars, «Vivre !». Touché une première fois par la maladie en février 2013, il avait connu ces derniers mois une récidive avant de succomber samedi.

Un des meilleurs chanteur de la France pour Hollande

Le président François Hollande a rendu hommage au chanteur . «Michel Delpech est mort sans avoir vieilli. Ses chansons nous touchaient car elles parlaient de nous. De nos émotions comme de nos épreuves. Il avait traduit mieux que personne les années 70», a salué le chef de l’Etat dans un communiqué publié samedi soir.

«Il n’a jamais été démodé. De « chez Laurette » au « Loir-et-Cher » il nous avait dit « que Marianne était jolie ». Elle pleure en ce début d’année un de ses meilleurs chanteurs», ajoute François Hollande qui «adresse à son épouse, à ses enfants et à ses nombreux amis ses plus sincères condoléances.».

Christina Taubira a également rendu hommage à Michel Delpech.

Michel Delpech «s’éteint doucement», confiait Michel Drucker en juin

Source: Le Parisien
http://www.leparisien.fr/loisirs-spectacles/le-chanteur-michel-delpech-est-mort-samedi-a-69-ans-02-01-2016-5416763.php

Michel Delpech. Sur Twitter, hommage unanime à la hauteur d’un géant

Michel Delpech s’est éteint samedi soir à l’âge de 69 ans. Sans atteindre les 73 ans qu’il fredonnait dans son tube Quand j’étais chanteur, dans lequel il se mettait en scène frappé par l’insuccès d’une fin de carrière.

De chez Laurette au Loir-et-Cher, en passant par Pour un flirt ou Wight is Wight, l’artiste à la voix douce a connu la gloire et marqué pluisieurs générations successives.

La mort du chanteur, idole hippie des années 1970, aimé autant du public que de ses pairs, a suscité de nombreuses réactions du monde du spectacle, notamment sur les réseaux sociaux.

Michel Delpech était « un poète parlant de la vie des gens, un mélodiste hors pair et un homme très attachant », a réagi samedi dans un tweet Pascal Nègre, Pdg d’Universal Music France.

Michel Delpech était un chanteur populaire , un poète parlant de la vie des gens , un mélodiste hors pair et un homme très attachant . RIP

— PascalNegre (@PascalNegre) 2 Janvier 2016
« La force de Delpech est qu’il restera toujours avec nous », a relevé le présentateur Nagui également dans un tweet.

Pascal Obispo, a l’humeur noire.

« J’aime vos chansons. Merci Mr Delpech » a remercié Louane, précédé d’un extrait de Chez Laurette.

« C’était bien chez Laurette On y retournera Pour ne pas l’oublier Laurette  » J’aime vos chansons. Merci Mr Delpech. #RIP

— Louane Emera (@louane) 2 Janvier 2016
Bon ben 2016 n’aura pas tenu longtemps sa bonne résolution d’être meilleure que 2015: Michel Delpech est mort 😦 #grandegrandetristesse

— Florian Gazan (@flogazan) 2 Janvier 2016
Très triste en apprenant la mort de michel Delpech. #rip

— Denis Brogniart (@DenisBrogniart) 2 Janvier 2016
Immense tristesse : Michel Delpech est mort… « Quand j’étais chanteur ». Il n’aura jamais « 73 ans…Ma pauvre Cecile »

— Bruce Toussaint (@Bruce_Toussaint) 2 Janvier 2016
Michel Delpech, la démesure était alors dans l’amour. Sait depuis longtemps qu’il faut regarder les étoiles. Parti parmi elles ChT

— Christiane Taubira (@ChTaubira) 2 Janvier 2016
Mick Jagger n’est pas mort; Sylvie Vartan n’a pas fait ses adieux, mais #MichelDelpech est mort avant 73 ans…

— Fabienne Sintes (@FabSintes) 2 Janvier 2016

Source: valenciennes.maville.com
http://www.valenciennes.maville.com/sortir/infos_-michel-delpech.-sur-twitter-hommage-unanime-a-la-hauteur-d-un-geant_fil-2895431_actu.Htm

Michel Delpech, l’éternel poète à pattes d’éph’

Il y a toujours eu chez Michel Delpech mort samedi soir quelque chose d’unique et de singulier, un poète égaré dans l’univers du showbiz, un mystique fier de sa foi dans un milieu réputé pour sa légèreté, un artiste un peu philosophe, aussi, prenant avec recul cette vie qui lui avait beaucoup offert avec de lui faire payer une lourde addition, avec ce cancer qui n’en finissait plus de ronger sa langue et sa gorge. Il a gardé l’espoir jusqu’au bout, croyant qu’une fois de plus la chance viendrait lui donner un coup de pouce. Cette chance qui lui avait tant donné dans sa vie de saltimbanque.

Un père artisan, une mère femme au foyer : Jean-Michel Delpech, né en 1946, appartient à cette génération qui a vingt ans dans les années 1960 et qui grandit soudain avec cette société de consommation où tous les rêves sont à portée de main. Son enfance choyée se déroule entre Courbevoie et la Sologne, où vivent ses grands-parents, ce fameux Loir-et-Cher qu’il chantera plus tard dans un tube resté célèbre. Comme beaucoup de jeunes Français, le petit Michel côtoie le milieu rural pendant ses vacances et court la campagne entre deux villages, celui de l’oncle et des grands-parents. Pas de télévision, uniquement la radio sur laquelle on écoute les étapes du Tour de France. Côté musique, il a vite deux idoles, Aznavour et Bécaud, et monte un petit groupe avec des copains de lycée.

« On ne cherchait pas à faire des tubes »
Alors que le rock bouscule les modes et enflamme les ados, Delpech préfère les chansons à texte, empreintes d’émotion, voire de nostalgie. Il se lie avec le compositeur Laurent Vincent, à l’origine de ses plus grands succès, fait ses débuts dans la comédie musicale Copains Clopant – où il rencontre sa première femme, Chantal Simon – et connaît son premier triomphe avec Chez Laurette, devenu un classique de la chanson française.

Chez Laurette

À vingt ans, il fait la première partie de Jacques Brel et voit sa carrière prise en main par Johnny Stark, l’un des meilleurs imprésarios de l’époque : c’est le début de la gloire. Les tubes s’enchaînent pendant dix ans, dont Inventaire 66, Pour un flirt ou encore Wight is Wight, qui s’écoule à trois millions d’exemplaires. À cette époque-là, reconnaîtra-t-il plus tard dans Le Figaro, on ne cherchait pas à faire des tubes, mais on était dans une période où tout ce qu’on écrivait le devenait. »

Pour un flirt

Il affiche la trentaine triomphante, se compose un personnage romantique, une sorte de « prince charmant » des Seventies, avec sa voix de velours, ses fameuses rouflaquettes et ses pantalons en pattes d’éph’ tandis qu’il connaît à nouveau les sommets avec Les Divorcés, Le Chasseur ou le fameux Loir-et-Cher…

Le Chasseur

L’artiste mène une jeunesse insouciante et dorée, roule en Bentley avec chauffeur, reçoit des lettres énamourées de ses fans – parfois avec des poils pubiens – et mène une jeunesse insouciante et dorée. Trop sans doute. Cette période de gloire a vite son revers : son couple explose et il tombe dans « l’ego et le sentiment de toute-puissance », comme il l’analysera plus tard, avec ses inévitables excès d’alcool et de drogue, et les cures de sommeil en clinique psychiatrique.

L’amitié et l’amour
C’est la chute, brutale, soudaine, violente. Michel Delpech sombre dans la dépression, son public s’éloigne, mais sans jamais l’oublier. Le chanteur connaît alors une longue traversée du désert, un cheminement intérieur ponctué de doutes et de questionnement, dont il se fera l’écho dans un livre au titre évocateur : L’homme qui avait bâti sa maison sur le sable (éd. Robert Laffont). Il se replie sur lui-même, songe même au suicide, tente de se raccrocher au moindre appui pour éviter de couler. « Les hôpitaux, les églises, les amis, les magnétiseurs, j’ai tout fait, tout essayé » a-t-il reconnu un jour dans Paris Match. Certains amis du métier ne l’ont jamais lâché, comme Johnny, Michel Berger, Jacques Martin, France Gall, Véronique Samson… « Ils auraient pu me laisser tomber, a-t-il raconté dans la même interview. Mon sort a dû les toucher. Et sans doute aussi ma sincérité. Leur amitié, ce fut de la pure gratuité. De la grâce. »

La grâce, le mot est lâché. Car il y en aura deux : l’amour d’une femme, la peintre Geneviève Garnier-Fabre, et la foi religieuse, qui ont agi toutes deux comme des révélateurs. La première débarque dans sa vie au début des années 1980, quand il s’apprête à partir pour Tahiti, loin du monde et du showbiz, après avoir quasiment tout vendu pour mieux larguer les amarres. Elle l’en dissuade, il l’épouse, ont un fils ensemble, Emmanuel, et formeront une famille recomposée avec leurs enfants respectifs.

« Porter sa croix »
Quant à la religion, Michel la découvre à travers l’engagement d’un moine bénédictin, qui nourrit sa réflexion, inspire ses prières et lui redonne cette confiance disparue. Il renoue avec son public, par de petites salles, puis de plus grandes, avant de revenir en fanfare avec le succès de son album Michel Delpech &…, où il signe plusieurs duos sur ses grands tubes avec Francis Cabrel, Alain Souchon ou encore Bénabar. Il dépasse les 200 000 ventes, le plus beau cadeau de ses 60 ans. Un soir, au cours d’une fête donnée chez Universal, l’artiste va s’isoler dans les toilettes, le seul endroit où il échappe aux regards, pour s’agenouiller et rendre grâce à Dieu, une scène rapportée par Paris Match.

Michel Delpech est de retour : il enchaîne avec une tournée et même un film, L’Air de rien, sorti en 2012, où il joue son propre rôle d’ancien chanteur déchu. Au moment même où il retrouve le devant de la scène, la maladie le rattrape. Son cancer de la langue est inopérable, il fait face, subit des traitements lourds et trouve une fois de plus une force de résistance dans les écrits des grands mystiques, saint Jean de la Croix, François de Sales ou encore Thérèse de Lisieux. Il accepte sa souffrance comme un défi de plus : « Il m’arrive, quand je parle à Dieu, de rouspéter, de lui dire que cette épreuve-là n’est pas forcément raccord, confiait-il à Match. J’entends alors Jésus me rappeler que chacun doit faire face en fonction de ce qui lui est donné, porter sa croix et le suivre… »

Quand j’étais chanteur

Ses cordes vocales ne sont pas touchées, il s’accroche à l’idée, un jour, de remonter sur scène, croit à sa bonne étoile, et travaille son élocution pour retrouver ses fans. « Ce n’est pas la première fois que je reviens de loin, reconnaît-il sur les ondes de RTL. J’ai tendance à m’éloigner beaucoup et à revenir après. C’est un peu ma vie : à moitié dans le trou, et d’un seul coup vivant à nouveau. » L’artiste, debout jusqu’au bout, trouve encore la force de faire la promotion d’un projet qui lui tient à coeur : un album collectif enregistré avant la maladie, qui met en chanson la bible, et dans lequel il interprète le prophète Abraham qui évoque sa mort prochaine après son long engagement sur terre. « Voici la fin de mon chemin sur Terre / Je suis à toi, accueille-moi, mon père / Voici mon âme, séchez vos larmes, mes frères / Je m’en vais là où brille la lumière… » Des paroles qui résonnent aujourd’hui comme un testament.

La fin du chemin

Source: Le Point
http://www.lepoint.fr/culture/michel-delpech-l-eternel-poete-a-pattes-d-eph-03-01-2016-2006652_3.php